En cette belle journée nous nous sommes enfoncés dans l’arrière pays de cette belle région du sud de la Thaïlande où les hôtels à touristes deviennent plus nombreux que jamais. C’était un petit matin ensoleillé et le Toy ronronnais sur cette petite route d’abord goudronnée puis finalement piste de terre et béton.  Le travail du caoutchouc dans cette région est un apport important pour l’économie locale mais surtout pour ceux qui n’ont pas eu la chance de pouvoir transformer leur terre en terrain à bâtir pour les hôtels de luxe. Dans cette partie reculée de quelques kilomètres du bord de mer, on a la chance de replonger dans la campagne Thaïlandaise; la vraie. Le travail avait commencé depuis 2h du matin (photo 3688). La récolte se faisant par temps sec, il faisait donc beau et chaud. Un temps trop humide ne permets pas au latex de couler suffisamment, la récolte dans ces cas là est insuffisante et la qualité n’est pas bonne. Dans cette région, le latex n’est pas récolté quand il pleut, donc pendant toute la durée de la mousson (mai, juin). Les 300 arbres à entailler étaient terminés sur le coup de 10h du matin ainsi que la collecte du latex pur des petits pots de grès accroché aux arbres juste sous l’entaille par laquelle le liquide blanc coule lentement. Les bidons servant au transport étant remplis, l’ensemble de la petite équipe composée de 4 personnes de la famille proche s’en retourne à la ferme qui pour des raison de sécurité se trouve à proximité immédiate de la plantation. Apres quelques préparatifs et un rafraîchissement bien mérité, l’autre partie du travail peut commencer.Le latex pur est mélangé à de l’eau et un polymérisant rapide permettant aux molécules de commencer leur transformation en caoutchouc (photo 3674). L’ajout du polymérisant n’est pas obligatoire car le latex peut polymériser tout seul, mais il est plus commode d’accélérer le traitement afin que la récolte soit traitée dans la même journée. Le mélange encore liquide est versé dans des bacs rectangulaires puis écrémé sur la partie supérieure composée d’une mousse de latex coagulé et autres impuretés (photo 3675). Cette mousse de caoutchouc de qualité médiocre servira à fabriquer des chaussures pour la distribution locale. Après avoir laissé le caoutchouc «prendre» pendant une vingtaine de minutes, le chef d’exploitation considère que c’est prêt. Commence ensuite une marche du canard sur le bloc de caoutchouc démoulé à même le sol sur une nappe en plastique servant à la protéger des impuretés. Le travail consiste à aplanir la plaque jusqu’à former une crêpe rectangulaire d’à peu près 1 mètre de long et 60 cm de large (photo 3746). Mais, malgré les efforts, cette plaque est encore trop épaisse. Elle doit encore être amincie, mais cette fois avec l’aide d’une machine à rouleaux à main dont l’objectif est double : réduire son épaisseur grâce 2 ou 3 passages consécutifs au travers de rouleaux lisses, puis finalement une autre machine avec des rouleaux striés servira à imprimer la surface à l’aide d’un motif permettant un séchage plus rapide (photo 3752, 3759). Les plaques inspectées sont disposées à l’air libre pour un séchage à l’air pendant 2 jours environ (photo 3734). A ce stade, le caoutchouc reste très fragile et pour terminer son séchage en sécurité et à l’abri des voleurs, les plaques sont rentrées dans un local où la transformation se poursuit 1 mois environ pendant lequel la qualité est appréciée à la souplesse et à l’épaisseur (photo 3769). Finalement, la production sera vendue environ 80 bath le kilogramme (1.66 euros le kilogramme) et roulée en bales ou transformée pour être utilisées dans tous les objets que nous connaissons bien comme les pneumatiques pour les voitures, les camions etc.., les semelles de chaussures, les tétines de biberons et bien sur les préservatifs qui ne représentent qu’une infime partie de la production.  Novembre 2006.
NB : Pour voir toutes les photos, allez dans la rubrique : THEMES/VOYAGE ET PERSONNAGES/LE LATEX DANS LE SUD DE LA THAILANDE |